03/11/2008

Ballade du vieux baudet

 

À Madame Jenny Vialon.


 
En automne, à cette heure où le soir triomphant
Inonde à flots muets la campagne amaigrie,
Rien ne m’amusait plus, lorsque j’étais enfant,
Que d’aller chercher l’âne au fond d’une prairie
Et de le ramener jusqu’à son écurie.
En vain le vieux baudet sentait ses dents jaunir,
Ses sabots s’écailler, sa peau se racornir :
A ma vue il songeait aux galops de la veille,
Et parmi les chardons commençant à brunir
Il se mettait à braire et redressait l’oreille.

Alors je l’enfourchais et ma blouse en bouffant
Claquait comme un drapeau dans la bise en furie
Qui, par les chemins creux, tantôt m’ébouriffant,
Tantôt me suffoquant sous la nue assombrie,
Déchaînait contre moi toute sa soufflerie.
Quel train ! Parfois ayant grand’ peine à me tenir,
J’aurais voulu descendre ou pouvoir aplanir
Ses reins coupants et d’une âpreté sans pareille ;
Mais lui, fier d’un jarret qui semblait rajeunir,
Il se mettait à braire et redressait l’oreille.

Nous allions ventre à terre, et l’églantier griffant,
Les ajoncs, les genêts, la hutte rabougrie,
Les mètres de cailloux, le chêne qui se fend,
La ruine, le roc, la barrière pourrie
Passaient et s’enfuyaient comme une songerie.
Et puis nous approchions : plus qu’un trot à fournir !
Dans l’ombre où tout venait se confondre et s’unir,
L’âne flairait l’étable avec son mur à treille,
Et sachant que sa course allait bientôt finir,
Il se mettait à braire et redressait l’oreille.


l'âne

19/10/2008

Automne

 

l'automne

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06/10/2008

Chanson des noisettes

 

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Trois noisettes dans le bois
    Tout au bout d'une brindille
    Dansaient la capucine vivement au vent
    En virant ainsi que filles De roi.
    Un escargot vint à passer :
    "Mon beau monsieur, emmenez-moi
    Dans votre carrosse,
    Je serai votre fiancée"

     Disaient-elles toutes trois.
Mais le vieux sire sourd et fatigué,
Le sire aux quatre cornes sous les feuilles
Ne s'est point arrêté,
Et, c'est l'ogre de la forêt, je crois,
C'est le jeune ogre rouge, gourmand et fûté,
Monseigneur l'écureuil,
Qui les a croquées

Tristan Klingsor

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05/10/2008

Automne


Il pleut
Des feuilles jaunes
Il pleut
Des feuilles rouges
L'été va s'endormir
Et l'hiver
Va venir
Sur la pointe
De ses souliers
Gelés

Anne-Marie Chapouton

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03/10/2008

Feuilles...

feuille rousse

Feuille rousse, feuille folle
Tourne, tourne, tourne et vole !
Tu voltiges au vent léger
Comme un oiseau apeuré.

feuilles rousses


Feuille rousse, feuille folle
Sur le chemin de l'école
J'ai rempli tout mon panier
Des jolies feuilles du sentier.

feuille


Feuille rousse, feuille folle
Dans le vent qui vole, vole
J'ai cueilli pour mon cahier
La feuille rousse qui dansait.

Luce Fillol

 

28/09/2007

L'automne en poésie

 

Septembre te voici

Les vacances sont finies

Voilà le temps des pommes

La cueillette est très bonne.

Pour ne pas être gelés

Les oiseaux vont s'en aller

Les feuilles commencent à tomber

Oui, l'automne est arrivé.

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19/09/2007

Les champignons

 

 

Quand je vais dans la forêt

Je regarde les champignons

L'amanite elle a la grippe

La coulemelle n'est pas très tr§s belle

La morille est mangée de ch'nilles

Le bolet n'est pas frais, frais, frais

La girolle fait un peu la folle

La langue de boeuf n'a plus l'foie neuf

Le lactaire est très en colère

Le clavaire ça c'est son affaire

Le cèpe de son côté perd la tête

Moi, je préfère mes champignons d' Paris

Eux, au moins, n'ont pas d'maladies.

Pascale Pautrat

Jacqueline Salouadji

23/11/2006

Automne malade

j'avais envie de vous proposer ce texte d'Appolinaire...

pour quitter le monde des très petits ...

 

 

Guillaume Apollinaire

(1880-1918)
"Automne malade" (Alcools)

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n'ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j'aime ô saison que j'aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille

Les feuilles
Qu'on foule
Un train
Qui roule
La vie
S'écoule

 

automne

une analyse de ce texte sur: http://odautrey.free.fr/Autommalade.htm

14:54 Écrit par Animusiques dans POESIE-automne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : automne malade, apollinaire |  Facebook |

08/10/2006

L'automne au coin du bois 

L'automne au coin du bois
joue de l'harmonica,
quelle joie chez les feuilles
elles valsent au bras du vent
qui les emporte,
on dit qu'elles sont mortes,
mais personne n'y croit.
L'automne au coin du bois
joue de l'harmonica

 

Maurice Carême

 

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